Tsante

La santé pour tous !

Il empêche l'enfant de tirer la langue et de prononcer les lettres sifflantes de l'alphabet français comme le «S» ou le «R». Le "frein", ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas de celui d'un véhicule ou d'un engin à deux roues mais bien celui de la langue.

 Le frein de la langue est défini dans un langage accessible pour le grand public comme le trait d'union entre la langue et la cavité. Il faut simplement comprendre selon les explications des spécialistes qu'à la naissance, la langue est collée à la cavité et les cellules qui les lient se résorbent pour laisser place à un petit filet qui restera le seul point de contact. Cette fine languette de tissu visible sous la langue, est le frein de la langue qui peut constituer une entrave à certains gestes.

Selon les odontostomatologies, le frein de la langue est une anomalie non congénitale. Il est dû généralement à une paresse de la motricité linguale au début. Ce facteur n'est pas forcément compliqué à résoudre parce que même un petit mouvement de la langue vers le mamelon peut suffire souvent à aplanir cette difficulté. Des non spécialistes sont très souvent pris dans la nasse en termes d'appréciation du frein de la langue. Ils le mesurent à la longueur. Mais le Dr Boubacar Ba, odontostomatologie au centre hospitalier-universitaire d'odontostomatologie (CHUOS), lève toute équivoque à ce niveau. Il explique que le frein de la langue se définit par ni plus ni moins que la fonction. L'enfant qui en souffre est bien incapable de tirer sa langue et enregistre également une incapacité à faire des gestes simples comme toucher son palais (la paroi supérieure de la bouche) avec le bout de la langue. En plus de ces signes objectifs, le diagnostic repose sur les signes cliniques notamment un accolement des parties antérieures de la langue à la face de la cavité. Ceux-ci s'accompagnent de problèmes de phonétique, de déglutition et de succion qui sont à l'interrogatoire confirmés par les mères. Le phénomène représente une véritable préoccupation, une angoisse pour la mère qui est naturellement en droit de rechercher une meilleure santé pour son jeune bébé souffrant de cette anomalie. Le médecin spécialiste du CHUOS rappelle que le frein de la langue pose quatre types de problèmes. Le premier problème se constate à l'allaitement. Lorsque le frein est trop court, cet état de fait peut induire des difficultés d'allaitement en empêchant le bébé de prendre le sein correctement. Ce qui rendra douloureux les mamelons de la mère.

Deuxièmement, le frein trop court, joue sur l'élocution. Or on sait que dans le développement psychomoteur de l'enfant, le langage reste aussi important. A ce niveau, relève le jeune scientifique du centre d'odontostomatologie, l'enfant ne pourra pas prononcer les lettres sifflantes de l'alphabet français entre autres le S ou le R.Le troisième problème lié au frein de la langue est d'ordre orthodontique. Le frein crée des espaces entre les dents. La langue ne fait pas son mouvement qui permet de nettoyer les débris alimentaires. Cette défaillance expose à des risques de caries dentaires.

Enfin le quatrième problème lié au frein de la langue est social. Les sujets qui en sont touchés nourrissent des complexes sur certains plans avec tout ce que cela peut entraîner comme des relations conflictuelles avec les autres. Par exemple, ils embrassent très mal leurs partenaires. A ce propos, il faut préciser que le frein de la langue touche les deux sexes. Mais dans la littérature, on annonce surtout dans les sociétés européennes que 2 à 3% des mères se plaignent de ce phénomène chez leurs enfants. Le frein de la langue à aussi des conséquences même si celles-ci n'influent pas sur les fonctions vitales de l'individu. De l'avis des spécialistes, il cause au niveau préscolaire des difficultés d'adaptation. En outre, il est parfois à l'origine de malnutrition sévère parce l'enfant qui n'arrive pas à téter correctement est précocement sevré. Le frein de la langue se soigne facilement. Mais généralement les odontostomatologies donnent aux mères des conseils pratiques qui permettront dans certains cas de résoudre la question.

Le Dr Boubacar Ba souligne qu'il y a aussi un traitement interventionnel qui consiste à faire une freinectomie selon l'expression médicale consacrée. Il s'agit simplement de l'acte de couper le frein jusqu'à une longueur souhaitée. Mais le toubib Ba s'empresse de préciser que ce geste chirurgical paraît banal mais peut comporter de graves risques d'hémorragie ou d'infections donc doit être réalisée par un spécialiste. Dans le passé, il y avait une méthode de traitement dite de sage-femme qui consistait aussi à couper le frein. Mais n'étant pas approprié, ce traitement créait des fibroses ou cicatrices. Cette pratique est aujourd'hui abandonnée. Le spécialiste du CHUOS rassure les mères de famille qu'il n'y a vraiment pas matière à s'inquiéter avant 2 ou 3 ans en face d'un frein de la langue.C'est après cette échéance qu'on doit commencer à prendre en charge la question. Certaines d'entre elles sont parfois très préoccupées qu'elles souhaitent faire parfois une freinectomie sur des nourrissons de 3 jours. Le médecin du centre d'odontostomatologie relève qu'il effectue en moyenne 6 à 8 freinectomies dans le mois.

Scroll to top