TS

La santé pour tous !

Après un accouchement, toute l’attention se porte sur le bébé. L’état mental, émotionnel et physique de la jeune mère n’est pas un sujet. Ce silence, sous prétexte de nous préserver, ne nous rend pas service.

 Le premier mois est celui où on joue gros, où on veut se surpasser. On devient mère, avec sa cohorte d’imaginaires, d’idéaux, d’inconscient refoulé et de culpabilité larvée. C’est le mois pendant lequel on découvre son bébé, où on tente de l’apprivoiser, de comprendre ses besoins, qu’on fait face aux premiers pleurs, très souvent seule alors que le conjoint a bien vite repris son activité. Des pleurs qui désarçonnent, qui nous plongent dans un inconnu fait de tâtonnements, où il n’y a pas de solution miracle. On se sent débordé, on n’a pas le temps ni de manger ni de se laver avant au moins 17h, la chambre, le salon et la cuisine sont en chantier, et on se demande ce qu’on a raté.

Un silence pesant : C’est le mois où le corps et le psychisme traversent une transformation inégalée, la fameuse matrescence. Les sages-femmes pour signifier que la grossesse ne s’arrête pas à l’accouchement par de “4 ème trimestre”. Le corps est en pleine rémission des efforts colossaux déployés non seulement pendant la naissance, mais aussi pendant la grossesse. Il lui faut recouvrer des forces. On peine à marcher droit, on souffre de la cicatrice d’une césarienne, ou des points d’une épisiotomie qui nous contraignent dans les actions quotidiennes, l’allaitement peut être douloureux et difficile et on aurait juste envie de dormir, de se reposer, enfin. En dépit de ce bouleversement physiologique, notre psychisme doit s’adapter rapidement à cette réalité totalement neuve, alors que les bonnes hormones de grossesse se sont envolées et qu’on ne sait plus vraiment où on habite !

On se retrouve vite seule, dans un état de fatigue intense et en plein désarroi. On n’ose pas en parler de peur d’être incomprise. Pour couronner le tout, on culpabilise de ne pas être qu’harmonie et joie avec son enfant. Autant d’enjeux de santé émotionnelle et physique occultés par… presque tout le monde. 

Un silence pesant, qui laisse 50 à 80% des femmes en proie au baby-blues, considérant que cet état de tristesse est dû à la chute hormonale et qu’il faut donc y passer. Alors que pour de nombreuses cultures (Médecine chinoise, l’Ayurvéda en Inde, Mexique…), aucun mot n’existe pour caractériser ce vécu inconfortable puisqu’il n’existe pas. En France et dans de nombreux pays développés, la fatigue, l’isolement, le fantasme de la perfection, la culpabilité sont le lot du premier mois après l’accouchement.

Enfin, chez une personne qui a un terrain fragile, le risque de suicide est multiplié. Le risque de suicide est 70 fois plus élevé dans l’année qui suit un accouchement qu’à tout autre moment de la vie d’une femme. Au point que ces troubles psychiques constituent la principale cause de mortalité maternelle, bien avant les hémorragies et les infections.

Source : huffingtonpost.fr

Scroll to top